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Du cabinet de Suzanne : Bea et ses migraines pendant la ménopause

Temps de lecture : environ 10 minutes
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Woman with shoulder-length blonde hair wearing a navy blouse and hoop earrings, smiling indoors with a blurred plant in the background
Auteur :Suzanne Rouhard
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Table des matières

En tant que thérapeute hormonale, Suzanne rencontre quotidiennement des femmes qui constatent que la ménopause a de plus en plus d’impact sur leur sommeil, leur humeur, leur énergie et leur fonctionnement quotidien. Dans cette rubrique, elle partage des récits anonymisés tirés de sa pratique afin d’offrir de la reconnaissance, de montrer quels facteurs peuvent jouer un rôle et de donner aux femmes des pistes pratiques pour explorer elles-mêmes des solutions.

L’histoire de Bea

Bea, c’est ainsi que je l’appellerai ici, est venue me consulter un mercredi après-midi. Âgée de 48 ans, elle m’a expliqué lors de notre entretien qu’elle garde habituellement ses petits-enfants de 6 et 8 ans ce jour-là. Elle le fait avec plaisir. C’est aussi son seul jour de congé. Pour ce rendez-vous, elle avait donc dû s’organiser autrement, ce qu’elle trouvait difficile.

« Je suis toujours là pour les petits », m’a-t-elle dit. Pourtant, cet après-midi-là, elle était assise dans mon cabinet. Une chose devenait de plus en plus urgente : ses migraines. Quand une nouvelle patiente vient me voir, j’aime d’abord faire connaissance. Je ne plonge pas immédiatement dans l’anamnèse remplie, mais je commence par écouter qui elle est et à quoi ressemble sa vie quotidienne. Avec Bea, il est rapidement apparu à quel point les migraines avaient un impact sur sa vie.

Les crises étaient de plus en plus fréquentes et surtout imprévisibles. Parfois, elles survenaient plusieurs fois par mois, parfois chaque semaine. Lors d’une crise, elle devait se retirer complètement. La lumière, le bruit et les stimuli devenaient insupportables. Elle décrivait cela comme « tomber momentanément hors de la vie ».

Ce qui la touchait le plus, c’était l’impact sur son fonctionnement. Au travail, elle devait parfois annuler ou continuer en prenant des médicaments. À la maison, elle se sentait coupable de ne pas être aussi disponible pour son mari. « Je suis là », disait-elle, « mais en réalité, je ne le suis pas vraiment. »

Cette imprévisibilité générait une tension constante. Bea ne savait jamais quand la prochaine crise surviendrait. Sa vie ne tournait donc pas seulement autour des migraines elles-mêmes, mais aussi autour de la peur qu’elles provoquaient.

Au cours de notre conversation, il est également apparu qu’elle souffrait depuis longtemps de règles abondantes. Autour de son cycle, elle remarquait souvent une aggravation de ses symptômes : plus de maux de tête, plus de fatigue et une plus grande sensibilité aux stimuli. Elle avait toujours considéré cela comme normal, mais il semblait bien que ce schéma était lié à ses migraines.

En dehors de cela, elle n’avait pas de problèmes de santé évidents. Cela rendait la situation encore plus déroutante pour elle. Comment quelque chose pouvait-il être si intense alors que le reste de sa santé semblait relativement stable ?

Chez Bea, on voyait à quel point cette imprévisibilité pesait lourd. Ce n’était pas seulement la migraine elle-même, mais aussi la tension liée à l’attente de la prochaine crise qui influençait de plus en plus ses journées.
Suzanne Rouhard

Quelles étaient les causes sous-jacentes de ses symptômes ?

Avec Bea, nous n’avons pas seulement examiné les migraines elles-mêmes. Nous avons élargi notre regard : son cycle, son alimentation, sa digestion, sa charge de travail, son sommeil et sa récupération ont été pris en compte.

Deux facteurs sont ressortis qui correspondaient bien à son histoire : une surcharge en histamine et des fluctuations hormonales. Sa digestion semblait également ne pas fonctionner de manière optimale.

L’histamine est une substance produite par le corps qui influence, entre autres, les vaisseaux sanguins et le système nerveux. Une sensibilité à l’histamine peut contribuer à des maux de tête, des symptômes similaires à des migraines et une sensibilité accrue aux stimuli.

La ménopause peut également jouer un rôle. Pendant la périménopause, les niveaux d’œstrogène et de progestérone fluctuent. Lorsque l’œstrogène est relativement élevé par rapport à la progestérone, la dégradation de l’histamine peut être moins efficace.

Cela ne signifie pas que l’histamine était la cause des migraines de Bea. Cependant, cela offrait une piste logique. Ses symptômes s’aggravaient lors des moments hormonaux, elle était sensible aux stimuli et son corps semblait moins bien récupérer après des périodes intenses.

Quels facteurs aggravaient ses symptômes ?

Pour Bea, c’était surtout la combinaison de son cycle, de sa charge de travail et d’un manque de récupération qui jouait un rôle. Elle travaillait comme enseignante. Cela impliquait beaucoup de changements, de stimuli et une vigilance constante. Et lorsque la porte de l’école se fermait, le travail n’était souvent pas terminé. Le soir, il restait encore des tâches à accomplir.

Ses menstruations demandaient également beaucoup à son corps. Pendant ces jours, elle était plus sensible à la lumière, au bruit et à l’agitation. Elle avait plus facilement des maux de tête et se sentait plus fatiguée. Cela réduisait sa capacité à faire face, précisément au moment où sa vie quotidienne continuait.

À la maison, cela avait aussi des répercussions. Bea voulait être présente pour son mari et sa famille, mais elle sentait qu’elle participait parfois à moitié seulement, car son esprit et son corps ne suivaient pas.

Avec les migraines, je ne me concentre pas uniquement sur la crise. Je veux aussi savoir ce qui se passe dans les jours qui précèdent : le sommeil, l’alimentation, le cycle, le stress, la digestion et la récupération fournissent souvent des informations précieuses.
Suzanne Rouhard

Quelle approche Bea a-t-elle choisie ?

Nous avons travaillé étape par étape. Tout d’abord, en cartographiant mieux son schéma de migraines. Quand les crises survenaient-elles ? Que se passait-il autour de ses menstruations ? Comment dormait-elle ? Mangeait-elle suffisamment régulièrement pendant ses journées chargées ? Quels aliments ou situations semblaient aggraver ses symptômes ?

Ensuite, nous avons examiné comment réduire la surcharge en histamine. Pas avec un régime strict où tout serait soudainement interdit, mais en explorant ce à quoi Bea réagissait elle-même. En cas de symptômes où l’histamine peut jouer un rôle, il peut être utile de prêter temporairement plus d’attention à des éléments comme l’alcool, les produits fortement transformés, les aliments mûrs ou fermentés, les restes conservés trop longtemps et d’autres déclencheurs personnels.

La régularité est également devenue importante. Bea a découvert que, pendant ses journées de travail, elle passait parfois trop de temps sans prendre un vrai repas ou une pause. Nous avons donc travaillé sur des repas fixes, un apport suffisant en protéines, une bonne hydratation et de petits moments de récupération au cours de la journée.

Nous avons également accordé de l’attention au sommeil et à la gestion du stress. Le cerveau et le système nerveux peuvent réagir de manière plus sensible lorsque la charge est élevée sur une longue période. Pour Bea, cela signifiait aussi : mieux poser des limites le soir et ne pas remplir automatiquement son mercredi libre.

En cas de migraines qui évoluent, deviennent plus fréquentes ou plus intenses, il est judicieux de consulter un médecin. Cela vaut également pour les questions concernant les médicaments, les hormones ou les compléments alimentaires, où des conseils personnalisés sont essentiels.

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Qu’est-ce qui a changé pour Bea ?

Au fil du temps, Bea a remarqué que les crises étaient moins fréquentes et moins intenses. Les symptômes autour de ses menstruations sont également devenus plus légers. Les migraines n’ont pas disparu du jour au lendemain. Bea restait sensible et devait rester vigilante. Mais elle a appris à mieux reconnaître les moments où son corps était plus vulnérable et ce qu’elle pouvait faire dans ces cas-là.

Pour Bea, l’essentiel était qu’elle savait mieux quoi faire les jours où son corps était plus sensible. La ménopause signifiait déjà pour elle une perte de contrôle importante. Son cycle menstruel changeait, sa capacité à faire face n’était plus aussi évidente et son corps réagissait différemment qu’avant. Désormais, elle avait à nouveau quelques leviers concrets sur lesquels agir : l’alimentation, le repos, le sommeil, la récupération et une meilleure gestion des limites.

Elle savait mieux comment prendre soin de son corps et soutenir ses hormones.

Ce que nous voulons transmettre à d’autres femmes

Ce que nous voulons transmettre à d’autres femmes, c’est que les migraines pendant la ménopause ne doivent pas être considérées comme un phénomène isolé du reste de votre corps. Si les crises deviennent plus fréquentes, s’aggravent autour de vos menstruations ou s’accompagnent de fatigue et d’une sensibilité accrue aux stimuli, il peut être utile d’adopter une vision plus large.

Pas seulement : quel médicament aide pendant une crise ? Mais aussi : comment est mon sommeil, comment je mange pendant les journées chargées, comment se déroule mon cycle, quels aliments semblent avoir un impact et combien de repos et de récupération je m’accorde réellement ?

Avec Bea, il est devenu clair à quel point cette combinaison pouvait avoir un effet cumulatif. Ses règles abondantes, ses fluctuations hormonales, sa surcharge en histamine, sa charge de travail et son manque de récupération la rendaient plus sensible aux symptômes. Cela ne signifie pas qu’il y avait une cause simple. Mais cela montrait que ses migraines nécessitaient plus d’attention que la seule gestion des crises.

Une première étape pratique consiste à noter pendant quelques semaines quand les symptômes apparaissent. Notez votre cycle, votre sommeil, votre stress, votre alimentation, vos migraines, vos médicaments et vos moments de récupération. Quelques mots par jour peuvent déjà aider à identifier des schémas.

En prenant les schémas au sérieux, on retrouve souvent une certaine maîtrise. Pas parce que tout est contrôlable, mais parce que vous comprenez mieux ce dont votre corps a besoin.
Suzanne Rouhard

Reconnaissez-vous des symptômes similaires à ceux décrits dans cette histoire ?

Ce récit montre comment les migraines, les fluctuations hormonales, les règles abondantes, la sensibilité accrue aux stimuli et la surcharge peuvent être interconnectés. L’approche varie d’une femme à l’autre. Ce qui a aidé Bea ne fonctionnera pas nécessairement pour quelqu’un d’autre.

Si vous souhaitez explorer davantage, vous pouvez commencer sur SeeMe-nopause par le symptôme qui vous parle le plus, comme les maux de tête, les troubles du sommeil, la fatigue ou l’irritabilité. Vous pouvez également en apprendre davantage sur l’alimentation et le mode de vie pendant la ménopause, avec des conseils pratiques sur la régularité, la récupération et les habitudes quotidiennes.

Si vous souhaitez également savoir quels traitements, médicaments ou compléments alimentaires pourraient vous convenir, un médecin peut vous accompagner. Lors d’une consultation, vous recevrez également gratuitement le guide sur l’alimentation et le mode de vie, avec des conseils pratiques pour chaque groupe de symptômes.

Sources et contexte médical

Cet article est basé sur les expériences pratiques d’un spécialiste. Pour protéger la vie privée de la patiente, le nom et les détails identifiables ont été modifiés. Les informations contenues dans cet article sont destinées à des fins éducatives et ne remplacent pas un avis médical personnalisé.